Publié le 15/02/2022 - CDAD 63
Le bail mobilité est un contrat de location de courte durée signé entre le propriétaire d'un logement meublé et certains locataires.
Les logements concernés :
Le bail mobilité concerne les logements meublés.
Le logement doit être décent et comporter au minimum :
literie avec couette ou couverture
volets ou rideaux dans les chambres
plaques de cuisson
four ou four à micro-onde
réfrigérateur
congélateur ou compartiment à congélation du réfrigérateur d'une température maximale de - 6°
vaisselle en nombre suffisant pour que les occupants puissent prendre les repas
ustensiles de cuisine
table
sièges
étagères de rangement
luminaires
matériel d'entretien ménager adapté aux caractéristiques du logement
Les locataires concernés :
Certaines personnes seulement peuvent conclure un bail mobilité en qualité de locataire.
Elles doivent justifier être dans l'une de ces situations à la date de prise d'effet du bail :
formation professionnelle
études supérieures
contrat d'apprentissage
stage
engagement volontaire dans le cadre d'un service civique
mutation professionnelle
mission temporaire dans le cadre de leur activité professionnelle
A savoir : le locataire peut sous-louer le bien, à condition d'obtenir l'accord écrit du propriétaire.
La durée du bail mobilité :
Le bail mobilité est conclu pour une durée comprise entre 1 mois et 10 mois.
A savoir :
il n'est pas possible de le renouveler ni de le reconduire
mais il peut être modifié une fois, par avenant, sans que la durée totale du contrat ne dépasse 10 mois
Exemple : si la durée du bail initialement prévue est de 4 mois, sa durée peut être prolongée de 6 mois, soit une durée totale de 10 mois.
Cela signifie qu'à la fin du bail, si le propriétaire et le locataire souhaitent signer un nouveau contrat de bail, il ne pourra s'agir que d'un bail d'une location meublée classique d'un an renouvelable (ou de neuf mois non renouvelable pour un étudiant).
Les mentions obligatoires du contrat :
Le contrat de bail doit être établi par écrit et préciser :
le nom ou la dénomination du bailleur et l'adresse de son domicile ou son siège social ainsi que, le cas échéant, ceux de son mandataire
le nom du locataire
la date de prise d’effet (date d'entrée en vigueur)
la durée du contrat de location
le motif justifiant le bénéfice du bail mobilité
la consistance, la destination et la surface habitable de la chose louée
la désignation des locaux et équipements d’usage privatif dont le locataire a la jouissance exclusive et le cas échéant, l’énumération des parties, équipements et accessoires de l’immeuble qui font l’objet d’un usage commun ainsi que des équipements d’accès aux technologies de l’information et de la communication
le montant du loyer et des charges et leurs modalités de paiement
le montant et la date de versement du dernier loyer appliqué au précédent locataire, dès lors que ce dernier a quitté le logement moins de 18 mois avant la signature du bail
la nature et le montant des travaux effectués dans le logement depuis la fin du dernier contrat de location
une mention informant le locataire de l'interdiction pour le bailleur d'exiger le versement d'un dépôt de garantie
une mention selon laquelle le contrat de location est soumis au régime du bail mobilité
Si le bien est situé en copropriété, les extraits du règlement de copropriété doivent être fournis au locataire :
destination de l'immeuble
jouissance et usage des parties privatives et communes
quote-part afférente au lot loué dans chacune des catégories de charges
Le dépôt de garantie et la caution :
Le bailleur ne peut demander aucun dépôt de garantie au locataire.
En revanche, il peut demander un cautionnement.
La fixation du montant du loyer :
Elle dépend de la localisation du logement :
cas général : c'est le propriétaire qui fixe librement le loyer
en zone tendue : le loyer est encadré
Il existe un simulateur pour savoir si le logement est situé en zone tendue : https://www.service-public.fr/simulateur/calcul/zones-tendues.
A savoir : le loyer ne peut pas être révisé en cours de bail.
Le paiement des charges locatives :
Les charges locatives récupérables sont payées au bailleur sous la forme d'un forfait versé en même temps que le loyer.
A savoir : le montant du forfait et la périodicité de versement sont stipulés au contrat de location.
La liste des charges récupérables est limitativement énumérée par le décret du 26 août 1987 (https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006066149).
La résiliation du contrat de bail :
1) Le locataire peut résilier le bail à tout moment en donnant congé au propriétaire, à condition de respecter un préavis de 1 mois ,
par lettre recommandée avec avis de réception
ou par acte de commissaire de justice
ou par remise en main propre contre récépissé ou émargement
Le délai de 1 mois commence à courir le jour :
de la réception de la lettre recommandée par le propriétaire
de la signification de l'acte de commissaire de justice
de la remise en main propre
Attention : le locataire est tenu au paiement du loyer et des charges pendant le préavis, sauf si le logement se trouve occupé avant la fin du préavis par un autre locataire en accord avec le bailleur.
2) Le bailleur ne peut pas mettre fin au contrat avant son terme.
A savoir : si le locataire manque à ses obligations, le propriétaire peut saisir le juge pour obtenir la résiliation du bail.
Le changement de propriétaire en cours de bail :
Si le bien est vendu ou donné en cours de bail, le nouveau propriétaire bailleur doit notifier au locataire :
son nom ou sa dénomination
son domicile ou son siège social
le nom et l’adresse de son mandataire (si la gestion locative du bien est confiée à une agence immobilière)
En cas de litige :
Si un litige relatif à l'ameublement, au bail ou à l'état des lieux survient :
le locataire doit (litige inférieur à 5 000 euros) / peut (litige supérieur à 5 000 euros) saisir un conciliateur de justice pour essayer de trouver une solution amiable
si cette conciliation n'aboutit pas ou que les parties ne veulent pas se concilier, il est possible de saisir le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble concerné
Le délai pour saisir le juge est de 3 ans après la survenance du litige.
A savoir : la commission départementale de conciliation n’est pas compétente pour connaître des litiges relatifs au bail mobilité.
PLUS D'INFORMATIONS
- PORTAIL DU JUSTICIABLE : https://www.justice.fr/
- INFORMATION DES USAGERS : https://www.service-public.fr/
- AGENCE NATIONALE POUR L'INFORMATION SUR LE LOGEMENT : https://www.anil.org/